Le gouvernement congolais, en partenariat avec l’Union européenne, vient de franchir une étape clé dans la mise en œuvre du projet du Corridor de Lobito. Une réunion stratégique s’est tenue mardi 17 juin à Kinshasa, sous la présidence du vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, consacrée au cadrage du modèle économique et au lancement officiel de l’étude de pré-faisabilité du projet.
Ce corridor régional d’envergure, qui ambitionne de relier le port de Lobito en Angola aux zones minières enclavées de la République démocratique du Congo (RDC), représente un levier important pour améliorer la connectivité logistique en Afrique centrale. Il s’inscrit dans une vision d’intégration régionale portée à la fois par Kinshasa et ses partenaires européens et internationaux.
« Nous avons abordé les aspects techniques et financiers du projet, en particulier le montage économique et les conditions de réussite du partenariat public-privé », a expliqué William Lindberg, premier secrétaire de la délégation de l’UE en RDC. Les prochaines étapes incluent une analyse des besoins prioritaires, des ressources existantes ainsi qu’un travail sur les mécanismes de financement à long terme.
L’étude de pré-faisabilité servira de base à une planification plus précise, avec une attention particulière sur l’impact environnemental et social. Le Corridor de Lobito est perçu non seulement comme un axe de désenclavement pour les provinces minières congolaises, mais aussi comme une alternative stratégique aux routes actuelles, souvent saturées ou sous-développées.
Au-delà des enjeux logistiques, ce projet s’inscrit dans la stratégie européenne de développement des chaînes d’approvisionnement critiques, notamment pour les minerais stratégiques comme le cuivre et le cobalt. Le renforcement des infrastructures de transport entre l’Atlantique et l’intérieur du continent est ainsi vu comme un atout géopolitique majeur.
CB
