À quelques jours de l’annonce attendue du gouvernement Suminwa II, les tensions s’exacerbent au sein de l’Union sacrée. Entre espoirs de reconduction et craintes de disgrâce, plusieurs cadres et ministres jouent leurs dernières cartes dans une bataille politique où loyauté affichée et communication agressive se disputent les faveurs du chef de l’État.
Depuis l’annonce de ce remaniement, les signes d’un repositionnement généralisé sont visibles. Sur les réseaux sociaux, les communicateurs des ministres multiplient vidéos, messages et publications vantant leurs actions. D’autres figures politiques rappellent bruyamment leur fidélité au président Tshisekedi, espérant décrocher une place dans la nouvelle équipe. « Le chef de l’État doit nommer ceux qui sont restés dans sa vision et ceux qui lui ont démontré leur entière loyauté. Pas ceux qui peuvent le trahir dès la première vague », a lancé un cadre de l’UDPS.
En parallèle, des voix critiques au sein même de la majorité n’hésitent plus à attaquer les ministres sortants tout en plaidant la cause de nouveaux visages. Ces appels, à peine voilés, cherchent visiblement à attirer l’attention du président, dans l’espoir d’un repositionnement personnel.
Mais l’incertitude demeure, d’autant plus que Félix Tshisekedi a annoncé son intention de composer un gouvernement d’ouverture. Dans un contexte de crise multidimensionnelle, cette volonté d’élargir sa majorité pourrait inclure des opposants de poids, comme Adolph Muzito ou Martin Fayulu, réduisant davantage les chances de reconduction pour les membres actuels de l’Union sacrée.
Des indiscrétions évoquent la possible publication du gouvernement dès ce mercredi. Toutefois, plusieurs analystes redoutent une courte durée de vie pour cette nouvelle équipe. L’hypothèse d’un dialogue national, fortement soutenue par la CENCO et l’ECC, pourrait rebattre les cartes, avec la formation prochaine d’un gouvernement d’union nationale plus large.
En effet, malgré les efforts diplomatiques de Kinshasa à Doha et à Washington, la situation sécuritaire dans l’Est du pays, notamment face à la rébellion du M23, reste préoccupante. Le dialogue inclusif, prôné par certains, pourrait même inclure des figures de l’opposition radicale, voire des groupes armés. Dans ce scénario, le gouvernement Suminwa II ferait office de transition.
À l’allure actuelle des choses, l’exécutif congolais pourrait être contraint à une nouvelle reconfiguration dans les semaines à venir. Dans cette perspective, l’équipe que s’apprête à dévoiler Félix Tshisekedi pourrait n’être qu’une étape éphémère vers une coalition plus large face aux défis colossaux de la nation.
CB
