Après plusieurs mois d’absence médiatique, l’ancien Premier ministre et député national Augustin Matata Ponyo est réapparu à Nairobi, au Kenya mardi 14 octobre, à l’occasion d’un forum réunissant l’opposition et la société civile, sous l’égide de l’ancien président Joseph Kabila. C’est lors de ce rassemblement que Matata Ponyo s’est exprimé pour la première fois depuis sa condamnation à dix ans de prison pour détournement de fonds publics, verdict qu’il conteste actuellement devant la Cour constitutionnelle.
« La Constitution congolaise réglemente la façon dont une personne doit être jugée, condamnée et arrêtée. J’ai été jugé en dehors de la loi ; la Constitution a été violée plus de 50 fois », a-t-il déclaré. Selon l’ex-Premier ministre, toute décision contraire aux dispositions constitutionnelles est « nulle et de nul effet », ce qui, à ses yeux, rend sa condamnation invalide. Il a fermement rejeté le verdict, dénonçant un procès qu’il considère partial et politiquement instrumentalisé.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de controverse autour de la gestion du projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, dont les fonds, estimés à plus de 156 millions de dollars, auraient été détournés selon la justice. Matata Ponyo continue de revendiquer ses droits et ses immunités parlementaires, dénonçant un procès qu’il perçoit comme une manœuvre visant à l’écarter de la scène politique nationale.
CB
