La République démocratique du Congo prend une part active à la 51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), dont les travaux officiels se sont ouverts à Yaoundé, au Cameroun. La délégation congolaise est conduite par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.
S’exprimant en séance plénière sur le thème « Multilatéralisme et souveraineté des États », Aimé Boji Sangara a porté la voix de la RDC en plaidant pour le respect du droit international, de la souveraineté des États et l’instauration d’une paix juste et durable dans la région des Grands Lacs.
À travers cette intervention, le Parlement congolais a réaffirmé son rôle dans la diplomatie parlementaire en appui aux efforts diplomatiques menés par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur du retour définitif de la paix dans l’Est de la RDC et du respect des engagements internationaux.
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le président de l’Assemblée nationale a dénoncé l’agression dont la RDC se dit victime depuis près de trois décennies, accusant le Rwanda d’alimenter un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques. Il a rappelé que cette guerre a provoqué des millions de déplacés, d’importantes pertes en vies humaines ainsi que de graves violences contre les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants.
Aimé Boji Sangara a également exhorté la communauté internationale à aller au-delà des condamnations de principe en exigeant l’application des résolutions des Nations Unies, notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, le respect de la souveraineté de la RDC et la mise en œuvre effective des accords de paix conclus.
Selon lui, aucun multilatéralisme crédible ne peut prospérer lorsque les engagements internationaux sont violés dans l’impunité, une situation qui compromet durablement la paix, la stabilité et la sécurité internationales.
Rappelant que la Francophonie est avant tout une communauté fondée sur des valeurs communes, il a estimé que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ne pouvait rester silencieuse face aux atteintes à la souveraineté d’un État membre et à la catastrophe humanitaire qui en découle.
Le président de l’Assemblée nationale a ainsi invité les parlementaires francophones à porter une voix commune afin que les institutions multilatérales demeurent des espaces de défense du droit, de la justice et de la paix.
« D’une seule voix, disons haut et fort que nos institutions multilatérales ne peuvent devenir des tribunes qui priment les agresseurs ! », a-t-il déclaré.
Réaffirmant que la démarche de la RDC ne vise aucun peuple, Aimé Boji Sangara a souligné qu’elle s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, qui privilégie le dialogue, le bon voisinage et les solutions diplomatiques pour restaurer une paix durable dans la région.
En marge des questions sécuritaires, il a également lancé un appel à la solidarité des États francophones face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans le nord-est de la RDC. Saluant l’appui de partenaires tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le CDC Afrique, il a rappelé l’expertise reconnue de la RDC dans la lutte contre cette maladie, forgée au cours desquelles seize précédentes épidémies et mise au service d’autres pays africains.
Pour le président de l’Assemblée nationale, la lutte contre Ebola, à l’instar de la recherche de la paix, constitue un défi collectif qui exige une coopération internationale renforcée et une solidarité concrète entre les États membres de la Francophonie.
Jeff Saile
